Bien qu’il soit question de pomme, l’irazu n’est pas comme on pourrait le croire le futur remplaçant de l’iPhone. Il s’agit de petits sacs en papier contenant divers produits chimiques utilisés par de nombreux agriculteurs produisant la célèbre pomme Yantai du Shandong appréciée dans tout le pays. Le fruit à peine formé, il est recouvert d’un de ces sacs qui va le protéger contre les attaques de parasites. Si cette technique est utilisée depuis des décennies dans bien des pays, l’irazu est lui interdit en raison des dangers qu’il représente pour la santé.
Si ces sacs sont inoffensifs lorsqu’il sont normalement dosés et utilisés durant une courte période, l’izaru est lui un cocktail de plusieurs composés chimiques ayant chacun leur fonction. En supplément du pesticide, on trouve en effet un agent accélérant le murissement et un autre donnant un aspect des plus lisses en effaçant les irrégularités naturelles au fur et à mesure du développement du fruit. Celui-ci étant recouvert de son sac protecteur durant cinq mois, les produits chimiques imprègnent la chair en profondeur, devenant dès lors un danger pour l’organisme humain. Posés par des employés habillés de combinaisons protectrices, la dangerosité des sacs d’irazu a été à maintes reprises prouvée, ce qui vaut son interdiction.
Bien que les pommiers ainsi « habillés » soient aisément repérables puisque plantés en bord de route, personne dans les sphères officielles locales n’avait émis la moindre remarque sur cette pratique pourtant illicite. C’est un journaliste qui s’est intéressé à cette centaine de kilomètres de fruitiers plantés le long de la route S304 et qui a cherché à en savoir un peu plus. Sans être coopératifs, les agriculteurs ont simplement expliqué que bien qu’étant parfaitement au courant de l’interdiction de l’irazu, ils n’avaient pas d’autres solutions pour assurer leurs revenus.
Le reportage ayant passé sans trop d’encombres les barrières officielles pour être diffusé, le bruit provoqué par cette nouvelle affaire sanitaire a eu un effet immédiat, Les sacs d’irazu ayant été retirés et brûlés sous l’œil des caméras requises pour l’occasion. Reste les fruits qui sont en cours d’analyses dont les résultats donneront ou le feu vert à une commercialisation.
L’aspect positif de cette histoire de pommes est que l’information a été rendue publique, ce même si certains cadres locaux étaient parfaitement au courant de cette infraction. La population étant devenue très sensible aux aspects alimentaires depuis l’histoire du lait à la mélamine, les dirigeants semblent de plus en plus tenir à prendre les devants. Une trop longue « réflexion » risque en effet de voir les informations diffusées en premier sur les réseaux sociaux avec les problèmes d’interprétation plus ou moins proches des faits originaux
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